The Thing de John Carpenter sorti en 1982 est une adaptation du livre Who goes there? (La Chose) écrit par John W. Campbell et publié en 1932. Ce dernier avait déjà connu une première adaptation au cinéma par Christian Nyby en 1952 avec The Thing from another world (La chose d’un autre monde). Il est question d’un groupe de chercheurs américains en Antarctique qui va découvrir une présence extraterrestre. À la suite de cela, ils vont être en proie à cette «chose» qui arrive à imiter tout autre être vivant. C’est dans ce lieu glacial, coupé de tous, que va naître une paranoïa frénétique: il s’agit de déterminer qui est contaminé de qui est encore humain. Tout le monde peut être la Chose, tout le monde peut être une source de menace.

Film aujourd’hui considéré comme culte, The Thing ne trouve pourtant pas son public lors de sa sortie. C’est un échec au box-office, les spectateurs ne comprennent pas le film, le trouvant trop sanglant et trop pessimiste. De plus, The Thing sort la même année que E.T, l’extraterrestre de Steven Spielberg qui est aussi un film de SF mais plus optimiste et moins violent, ce qui n’arrange pas les choses pour le film de Carpenter. Son succès se fera sur le tard, et il se verra élevé au rang de véritable classique du genre.

La qualité et l’ingéniosité des effets spéciaux est cependant acclamée. C’est Rob Bottin qui est à réalisation des créatures : il expérimente de nouvelles techniques, faisant appel à plusieurs matériaux curieux comme du chewing-gum, de la mayonnaise ou même de la gelée. Ces effets spéciaux manuels donnent une corporalité à l’horreur et provoquent un dégoût esthétique violent, ce qui desservira en partie ce film. Mais plus que ces visions d’horreur, le film glace aussi le sang par son côté psychologique. L’épouvante se trouve également dans cette paranoïa que provoque la Chose. Tout le monde se méfie de tout le monde, le mal peut surgir à tout moment. Les notes de basse angoissantes que l’on doit au célèbre Ennio Morricone nous plongent merveilleusement bien dans cette ambiance glaçante.

Ce mal invisible amène à se questionner plus largement sur l’idée d’altérité face à la menace. Tout le monde soupçonne tout le monde et le doute s’installe. Cette idée du mal comme épidémie invisible sous-tend une conception pessimiste de l’humanité. En effet, les personnages peuvent à tout moment se retourner les uns contre les autres et fragilise la solidarité entre eux-mêmes. De plus, le film survient dans un contexte des plus tendus, celui de la Guerre froide et de l’épidémie du SIDA. La paranoïa frénétique de The Thing résonne alors de manière assez particulière dans la société des années 1980.

Eva Caruana


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Publié par :Cineclubedl

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