Les petites et moyennes villes recèlent de petits trésors souvent ignorés ou minimisés au profit de la centralisation parisienne. Aujourd’hui, nous vous proposons dix lieux autour de Pau, passant des bâtiments religieux à la forêt paisible. Vous avez de quoi occuper vos week-ends dans le sud-ouest, de façon variée et, nous l’espérons, agréable.

La cité médiévale de Lescar

Une petite balade dans la ville permet d’apprécier les vieux bâtiments qui jonchent ses rues.
On notera que les premières traces de présence humaine à Lescar remontent à 2000 ans avant notre ère. Cette cité gallo-romaine est la première capitale de Béarn, avant de devenir son évêché.

La cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption de Lescar


Cette cathédrale est un incontournable après la visite de la cité médiévale ! Lescar, évêché à partir du VIe siècle, est située sur le chemin stratégique de Saint Jacques de Compostelle, ce qui amplifie son importance. Considérée comme un chef d’œuvre de l’art roman, la cathédrale, dont le début de la construction daterait du XIIe siècle, est classée au titre des Monuments Historiques dès 1840. Nous pouvons admirer les chapiteaux sculptés avec des scènes comme le cycle de Daniel, la naissance du Christ ou encore le sacrifice d’Abraham. On note également la mosaïque du « petit chasseur maure », la tombe des Rois de Navarre et le trésor.

Le château « Tout y croît » de Gelos


Nous devons cet édifice à Jeanne d’Albret, mère du roi Henri IV, qui possédait ces terres et souhaitait y développer la culture des vignes.
La légende veut qu’elle ait déclaré « Mais tout y croît sur cette terre ! », d’où le nom de la bâtisse.
Vous pouvez l’approcher par un jolie balade via Gelos.

L’église Saint-Magne à Bizanos

Édifiée au XIXe siècle, Saint-Magne prend la place d’une ancienne église dont le délabrement a conduit à sa destruction. Concernant l’architecture, elle est dotée d’un clocher-porte qu’on franchit pour admirer la nef divisée en cinq travées à arcades brisées et dotée d’un plafond à voûtes d’ogives. Son intérêt majeur sont les vingt-huit grandes toiles marouflées réalisées par René-Marie Castaing, lauréate du Grand prix de Rome en 1932. On y retrouve des sujets pieux comme le Chemin de croix, le Couronnement de la Vierge mais des sujets profanes comme la représentation des habitants de Bizanos, de cheminots, de lavandières ou encore le curé devant son édifice. Leur style, typique des années 1930, se retrouve dans les œuvres de la même artiste conservées au musée des Beaux-Arts de Pau.

L’église Sainte-Foy de Morlaàs

L’église Sainte-Foy de Morlaàs est fondée en 1080 par Centule V, vicomte de Béarn. Morlaàs fut capitale du Béarn après Lescar, son édifice religieux devait témoigner de l’importance de cette ville. Sainte Foy, martyre du IIIe siècle, était l’une des saintes les plus vénérées au Moyen Âge. Ici, notre attention se focalise sur le portail roman qui présente un tympan sculpté de type languedocien. Un Christ en majesté figure entouré des vingt-quatre vieillards de l’Apocalypse et des Apôtres, situés dans les ébrasements.
Classée au titre des Monuments Historiques à partir de 1841, elle fait l’objet d’une restauration par Viollet-le-Duc, achevée en 1903. Dernier point à noter : les vitraux ont été réalisés par la manufacture Mauméjean en 1869. À ce sujet, nous vous conseillons vivement l’ouvrage « Mauméjean. Flambe ! Illumine ! Embrase ! » par Benoît Manauté, publication issue de sa thèse soutenue à l’université de Pau et des pays de l’Adour.

À Pau

L’église Saint-Jacques

L’église Saint-Jacques prend la place d’une ancienne chapelle éponyme, construite en 1651 par l’ordre des Cordeliers. Au XIXe siècle, Saint-Jacques est devenue trop petite pour accueillir les fidèles et la ville entreprend des travaux de 1861 à 1868, sous la direction de l’architecte Émile Loupot. L’église est remarquable par le nombre de ses vitraux : cinquante-quatre. Ils ont d’ailleurs bénéficié d’une restauration débutée en 2019 ; de minutieux travaux achevés le 31 mars dernier.

Le jardin de l’hôtel du département

Ce jardin contemporain jouxte l’hôtel du département, un bâtiment décrié par une partie de la population paloise. Cependant, il se voit attribuer en 2002 le prix AMO (Architecte et Maîtres d’Ouvrage) avec le cabinet d’architecture Philippe-Charles Dubois pour sa réalisation.
Son jardin est composé sur un plan géométrique, alternant l’eau, les végétaux et les pierres. Cet espace de nature se reflète dans les façades vitrées de l’hôtel du département. Très apaisant, ce jardin est parfait pour une pause sereine après avoir arpenté le boulevard des Pyrénées.

Le jardin de Kofu

Ce petit jardin japonais est situé entre le square Besson et la villa Nitot. Inauguré en 2005 par l’ancien maire André Labarrère et son homologue de Kofu, Masanobu Miyajima, il n’a été ouvert au public qu’en 2012. Les plans du jardin ont été fourni par les jardiniers de Kofu dans le respect des principes de l’art des jardins nippons. Il est parfait pour changer d’environnement et apprécier une autre approche du jardin.

Patrimoine naturel

La forêt de Bastard

Cette forêt située au nord de Pau permet de s’échapper dans un coin de nature, loin du bruit et du béton. Elle s’étend sur 300 hectares et est bien adaptée à la course à pieds ou au VTT. On peut également y trouver un parcours sportif. Le tour du bois fait 7km.
Classé Espace Naturel Sensible, ce refuge de la biodiversité a donc été interdit aux véhicules motorisés, la création de mares en 2009 a déjà permis l’apparition de nouvelles espèces. Vous pouvez également y trouver un parcours d’interprétation de la biodiversité en sept stations.
La forêt est traversée par la Voie d’Arles et par le chemin de Saint-Jacques de Compostelle.

Le lac de Laroin

Le lac de Laroin permet une belle promenade d’un peu moins de 5km et avec très peu de dénivelé : elle est donc accessible à tout un chacun. On peut y apprécier une promenade au bord des deux lacs de la localité.

Ces présentations se veulent courtes, elles permettent de jeter un œil à ce qui nous entoure, et de découvrir ce qui fait la richesse du Béarn. Nous vous proposons d’apprécier les trésors locaux et de contrebalancer la prépondérance de Paris et de ses grands musées, qui témoignent d’une histoire et de choix politiques accentuant la centralisation des pouvoirs et de l’activité culturelle. Notons les récentes entreprises de décloisonnement culturel, comme par exemple le Louvre-Lens, qui ne peut se départir de son nom typiquement parisien. Les lieux culturels ancrés dans le territoire sont à la portée de toutes et tous et atténuent les disparités de classes. Dernière précision : François Bayrou, maire actuel de la ville de Pau a rendu gratuite l’entrée aux musées municipaux pour toutes et tous.

Par Marion Cazaux, @mhkzo

Publié par :Marion Cazaux

[mhkzo] Doctorante en histoire de l'art contemporain à l'Université de Pau et des pays de l'Adour Sujet : Auto-représentations queer en photographie, art vidéo et performances de 1980 à aujourd'hui _ Master 2 Cultures arts et sociétés (parcours recherche histoire de l'art) Mémoire de recherche : "Autoportraits travestis au XXe siècle, jeux esthétiques ou remise en question de l'identité de genre ?" - Site : mhkzo.com Instagram / Twitter / Tiktok : @mhkzo Mail : mhkzo@outlook.fr

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