Le droit est souvent représenté (à tort) comme une discipline morne et froide, pourtant beaucoup de juristes ont une pratique artistique accomplie. A l’occasion du mois des femmes chez Florilèges, nous vous proposons de découvrir les portraits de quatre d’entre elles.

Laura-Célina Gasse : du droit public au camaïeu de bleu

Photographie de Laura-Célina Gasse

Laura-Célina Gasse est une étudiante en première année de maitrise droit public à Rouen et peintre à ses heures perdues. Ses œuvres sont publiées sur son profil Instagram. Laura-Célina a débuté la peinture suite au diagnostic d’un cancer à l’âge de 20 ans. Elle nous confie « J’ai commencé à peindre en même temps que la maladie s’est déclarée. Je m’en suis toujours remis entre ses mains et avec elle, j’ai pu arriver à cette rémission aujourd’hui, précisément depuis 18mois. J’ai pu reprendre mes études de droit et enfin m’inscrire au CRFPA (l’examen d’entrée en école d’avocat) ! » NDLR.

« La peinture a émergé aussi vite que le cancer fut diagnostiqué. C’était sans bruit, sans appels de phares préalables. »

Laura-Celina GASSE 

Le bleu a été choisi par notre peintre car il s’agit d’une couleur d’infini, du tout et de l’espoir. « Le bleu m’a choisi pour expier tous ces sentiments, ce combat. Tout ce qui me touchait le plus, de bien comme de plus violents. » LCG. Elle veut démontrer que le droit est une discipline ouvrant sur l’art, en permettant « l’expression de beaucoup de choses quand on se l’autorise » NDLR.

« Du bleu en très grande majorité figure dans ses peintures et cette incroyable possibilité de nuances nous donne à voir un voyage afin de regarder loin à l’horizon. Le bleu, c’est l’infini, le tout et la douceur d’un espoir comme l’art nous sauve de nos maux les plus douloureux. L’art et la maladie n’ont pas de genre, pas d’âge. Ils sont universels. J’ai survécu au cancer et j’ai découvert les toiles. »

Laura-Celina GASSE 

Anne-Béatrice Aristil : publiciste et chanteuse

Anne-Béatrice Aristil est une artiste à ses heures perdues et étudiante en deuxième année de master contentieux public à l’Université d’Artois. En 2014, elle fera sa première scène à l’occasion du festival « Holy date » sur les parvis de la Basilique Saint-Denis pour interpréter son titre « Sois fier de toi ». 4 ans plus tard, elle sera sur la scène de la Microfolie de Sevran pour le chanter en featuring avec son ami Bishop à l’occasion de la fête de la musique. 

Par la suite, elle sera la directrice artistique d’une chorale pour le marché de Noël de Sevran. En 2020, elle tourne son premier clip dans une voiture où elle interprète un chant qui s’intitule « Je ne suis pas de ce monde » qui passera sur l’antenne de la web radio haitienne « bwagalet FM ». Anne-Béatrice souhaite devenir juriste administrateur dans le secteur artistique et culturel, en attendant, elle travaille au tribunal de Paris en tant qu’auxiliaire d’adjoint administratif.

« A vrai dire, mon métier de rêve durant toute mon enfance était celui d’artiste. Puis, j’ai été sélectionnée en école de comédie musicale à Choréia Arts studio près de la Bastille. Mon job étudiant pour payer l’école était celui de professeur de danse. Finalement, j’ai tout plaqué pour redoubler ma licence de droit que j’ai fini par avoir. »

Anne-Béatrice Aristil

Grâce Mvinzou : un talent pour le dessin hyperréalisme et la chanson

Fraichement titulaire d’un master en droit des affaires, ses centres d’intérêt transcendent la sphère juridique. Puisqu’elle est passionnée de chanson et guitare. Elle est investie également dans l’écriture, la comédie et le dessin. Elle a donc créé un compte instagram pour partager ses portraits qu’elle dessine en crayon. Elle chante depuis l’âge de 11 ans. Depuis ses 14 ans, elle dessine. A terme, elle souhaite pouvoir vivre aussi bien de l’art que du droit. 

Emmanuelle M : du droit de la propriété intellectuelle aux drôles de créatures

Emmanuelle est doctorante en droit international privé de la propriété intellectuelle. Elle a fait un master 1 droit de l’entreprise et un master 2 en droit de la propriété intellectuelle. Elle dessine des monstres qui ne paraissent pas très sympathiques. Ses monstres sont en réalité fort aimables. Ils s’efforcent d’évoluer dans un environnement sombre et chaotique représentant la société actuelle. « Malgré l’obscurité de mon univers, une forte lumière vient toujours atténuer cette atmosphère ténébreuse ». Emmanuelle M

Son style se situe entre le surréalisme et le psychédélisme. Il y a une recherche esthétique dans son art et une volonté d’interpeller le spectateur. A l’instar de Salvador Dalí, elle cherche à créer un fil directeur dans son art par une atmosphère que nous aurions trop vite fait de qualifier d’étrange. Les œuvres d’Emmanuelle sont un voyage dans son univers. Nous sommes entrainés vers des monstres étonnamment humains.

J’aime l’art qui interroge la société, donc j’essaye de faire passer des messages (politiques notamment) dans mes dessins. Je dessine essentiellement au crayon des créatures monstrueuses sorties de nulle part (enfin, sortis de mon imaginaire) mais il m’arrive aussi de faire des portraits dérangeants (déformés), des dessins hyperréalistes avec un élément imaginaire caché…etc.

Emmanuelle M

Article écrit avec l’aide précieuse de Anne-Béatrice Aristil, rédactrice de Legislanne.

Publié par :Adrien Cané

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