La magie émerveille tout le monde et cela comprend également les dessins animés qui l’utilisent. Et un genre particulier met en avant cette magie : les magical girls. Lorsque l’on parle de ce dernier, on pense toute de suite à Sailor Moon qui est semble-t-il la référence en la matière. Pourtant, le monde de ces petites magiciennes est bien plus vaste et va même au-delà de la japanimation. Et puis qui sait réellement ce qu’est une magical girl et comment elle s’est popularisée au-delà du Japon ? Cet article est là pour éclairer votre lanterne et enchanter vos plus beaux rêves avec un seul mot : transformation !

C’est quoi une magical girl ?

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Katsucon – Cosplay de Princesse Tutu. Photo de Rob Speed/Fickr.

Si l’on veut faire court, une magical girl est un personnage de sexe féminin qui possède des pouvoirs magiques et qui va défendre le monde contre les forces du mal. Pourtant le concept va bien au-delà de cette simple explication. Et pour mieux comprendre cette dernière, il faut impérativement avoir quelques connaissances sur comment et quand sont nées les magical girls. Ce genre a fait son apparition au Japon au début des années 1970. Le premier dessin animé que l’on peut catégoriser parmi les magical girls est Sally la petite sorcière produit par la Toei, le studio derrière Sailor Moon. La petite fille est alors une mahô shôjo, une petite sorcière ayant des pouvoir innées et généralement connectée à une monde merveilleux.

Les programmes copient alors l’idée initiale et transforment petit à petit la sorcière en magicienne. Le parfait tournant intervient avec Gigi produit en 1982. On retire les pouvoirs innés qui deviennent alors temporaires, généralement issus d’un objet ou d’une mascotte, et on rapproche ainsi la fille de dessin animé à la téléspectatrice. C’est à partir de ce moment que la transformation culte prend également essor et cette dernière implique un véritable changement physique et/ou mentale de l’héroïne. Généralement, la magical girl doit sauver le monde et à donc de grande responsabilités, trop grandes pour une simple petite fille. La transformation est alors perçue comme une métamorphose, rendant l’héroïne « adulte » et donc plus à même de résoudre les problèmes. Cette « évolution » se retrouve dans de nombreuses séries plutôt anciennes comme Cutey Honey ou bien actuelles comme dans Miraculous Ladybug qui embrasse la formule de la magical girl tout en la mêlant aux super-héros occidentaux. La magical girl est donc un modèle parfait pour les petites téléspectatrices qui peuvent grandir en suivant les enseignements des ces demoiselles magiques belles et fortes, indépendantes et sages à la fois.

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Chibiusa, Mercury, Mars, Venus, Saturn, Jupiter, Uranus, Tuxedo Mask et Sailor Moon. Photo de Rob Speed disponible sur Flickr.

Mais depuis tout à l’heure, nous n’avons vu que des magical girls solo. La mode des groupes vient de la série  Sailor Moon. En effet, c’est avec elle et ses justicières que les magical sentai se sont vraiment développés. Cet engouement est tel qu’aujourd’hui la majorité des productions de magical girls ne montrent que des groupes de justicières. Et c’est sur ce modèle que ce sont calqués les dessins animés occidentaux.

Des magical girls hors du Japon ?

Les premières productions de « filles magiques » ont vu le jour très tôt en Europe. Ce sont les Italiens, les plus friands de japanimation avec les Français, qui ont étendu le genre. Deux séries restèrent alors dans les mémoires pendant une dizaine d’années et ont su renouveler et diversifier le genre des magical girls au point que des productions étasuniennes et françaises ont vu le jour par la suite. La magie a commencé à opérer avec la série W.I.T.C.H. Cette dernière narre les aventures des cinq amies, Will, Irma, Taranee, Cornélia et Hay Lin, qui vont devoir protéger l’équilibre entre lumière et ténèbres à Méridian, un monde parallèle à la Terre. Pour ce faire, elles vont recevoir des pouvoirs liés aux éléments naturels et se transformer à l’aide d’un objet magique, le Cœur de Kandrakar. Le succès de cette série est du à l’usage d’une recette qui fonctionne, les magical girls, tout en y implantant un cadre qui parle plus à des occidentaux. Ce métissage des genres a ainsi permis à un plus grand public de s’intéresser de près ou de loin au genre des « filles magiques » et qui la bien plus popularisé que part le passé. Cette série, bien qu’aujourd’hui moins connue que la suivante, a tout de même posé les codes des futures magical girls « made in Occident ».

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Actrices cosplayant les Winx lors d’un événement en Italie. Image libre de droit. Wikimédia Commons.

Pourtant, c’est bien Winx Club qui a vraiment impacté l’animation italienne et américaine. Cette série est l’une des plus connues de ces dernières décennies. Elle se concentre autour d’un groupe d’amies, Bloom, Stella, Flora, Musa, Layla et Tecna, des fées qui luttent contre diverses entités maléfiques. La série devait à l’origine ne faire que trois saisons, mais sa popularité a été telle qu’elle compte actuellement 206 épisodes ainsi que trois films et quatre épisodes spéciaux. Le phénomène Winx ne semble pas prêt de s’arrêter puis qu’une série en live-action (avec de vrais acteurs) va sortir sur Netflix en 2020.

La magical girl s’est ensuite implantée dans des productions américaines comme Steven Universe qui embrasse le genre à son paroxysme tout en essayant d’ajouter des thèmes sociétaux plus actuels comme l’homosexualité ou l’anti-racisme. On oublie aussi de plus en plus les petites filles parfaites pour en faire des personnes plus complexes et attachants comme dans Star Butterfly ou dans Lolirock. Enfin, la production actuelle qui semble le plus populariser le genre reste Miraculous Ladybug qui a su mélanger différents styles comme la magical girl ainsi que les super-héros pour créer un hybride qui semble bien parti pour continuer à faire rêver petits et grands. Cette production veut ouvrir le genre à un plus grand nombre de téléspectateurs et pas uniquement un public féminin comme le font beaucoup de magical girls encore aujourd’hui.

Les magical girls ont une très longue histoire qui a pris place dans de vielles productions japonaises qui ont su montrer le potentiel de ce genre à un public d’abord japonais puis occidental. Le succès a été tel que de nombreux artistes ont su s’en inspirer pour créer des dessins animés pouvant attirer plus facilement un public occidental au point que la magical girl fait toujours partie des productions à succès de part le monde. Les petites filles magiques vont donc continuer à enchanter les dessins animés occidentaux durant de nombreuses années.


Image à la une : Cosplays des personnages de Miraculous Ladybug. Photo prise par Mooshu à la Wondercon 2016. Flickr.

Pour plus de renseignements :

Publié par :Andres Camps

Etudiant en Master 2 Histoire de l'art à l'université de Pau et des pays de l'Adour Mémoire de M2 sur Les manga homosexuels : représentations et interprétations Etudiant en Master 1 Information, documentation spécialité édition à l'université Jean-Jaurès

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