La mythologie revisitée (1) : Zeus, roi des dieux

Les mythes, les légendes et les contes ont bercé bon nombre d’entre nous durant notre enfance, ceux de Zeus et des autres divinités greco-romaines ne faisant pas exception. Ces derniers ont également fait de même avec nos parents, grand-parents, aïeux et autres ancêtres indéterminés. Mais s’ils nous ont fait rêvé nous, ils ont également inspiré bon nombre d’auteurs, de peintres et de cinéastes durant leur carrière. Et c’est ce que nous allons voir ensemble dans la suite de ces lignes. Mais avant tout, il est bon de resituer qui est Zeus.

Les mythes sur Zeus

Dans la cosmogonie grecque qui a ensuite été assimilée par les Romains, les plus importants dieux de la mythologie se réunissent sur le Mont Olympe. Il en existe beaucoup mais un groupe de frères et sœurs reste parmi les plus connus encore aujourd’hui dont Zeus, aussi connu sous le nom de Jupiter chez les Romains.

Il est connu comme « le Père des dieux et des hommes », régnant à la fois sur les siens et le monde céleste ainsi que sur le monde terrestre. Dans la Théogonie d’Hésiode, il est dit que c’est le dieu qui a fait tomber Cronos, l’un des dieux supérieurs comme Ouranos, Gaïa ou encore Rhéa, et qui par la même occasion a sauvé ses frères et sœur  jusqu’alors dévorés par leur père. Ce combat titanesque pour la survie des dieux les a placés comme les être les plus puissants à vénérer. Bien que les Titans ont aidé Zeus à défaire son père, ils tout de même été chassés de la Terre et ont été confinés dans l’enfer nommé le Tartare. Zeus possède quatre attributs qui permettent généralement de le reconnaître : le Foudre qui lui sert à contrôler les éclairs, l’aigle qui va servir de symbole impérial par la suite, la barbe ainsi que l’égide, une sorte de protection décrite par Homère dans l’Iliade de la manière suivante :

« La précieuse égide, inaltérable et pure,
D’où pendillaient cent franges merveilleusement tressées,
Tout en or fin, et dont chacune valait bien cent bœufs. »

Homère, Iliade, chant II v.446-449

Outre cela, Zeus, roi des dieux et gouverneur des cieux, est présent dans de nombreux mythes liés à des héros grecs. En effet, bien qu’ayant une femme, la déesse du mariage Héra, qui est également l’une de ses trois sœurs, Zeus a procréé avec de nombreuses femmes, nymphes, déesses ou titanides. Au total, on lui décompte une cinquantaine de partenaires différentes, dont presque toutes ont enfanté d’un ou plusieurs enfants. Parmi les amantes les plus connues de Zeus, il y a Alcmène, la mère d’Héraclès, Déméter, déesse de l’agriculture et de la moisson et mère de Perséphone, la nymphe Léto qui donna naissance à Apollon et Artémis ou encore Mnémosyne, titanide de la Mémoire et mère des Muses. Il semblerait également que Zeus ait eu un amant du nom de Ganymède, un éphèbe connu pour sa beauté légendaire. C’est le seul cas connu d’une relation homosexuelle pour Zeus qui soit parvenu jusqu’à notre époque au travers de textes ou de représentations.

Plusieurs moments de la vie de Zeus comme ceux avec ses amantes ont été ainsi été immortalisés et réinterprétés par les multiples acteurs, écrivains ou cinéastes qui l’ont mis mis en l’honneur dans leurs œuvres.

Zeus sous toutes ses formes

Les mythes de Zeus ont été tout autant interprétés et réinterprétés durant l’Antiquité que de nos jours avec de nombreuses représentations de Zeus/Jupiter. En voici quelques exemples.

Durant l’Antiquité :

Les Grecs et les Romains immortalisaient déjà durant l’Antiquité Zeus, qu’il soit enfant ou avec l’une de ses conquêtes et de nombreuses œuvres nous le montrent. Sur ce cratère en cloche attique à figures rouges, il nous est possible de voir comment les Grecs se représentaient le jeune Ganymède sur la face A ainsi que Zeus transformé en aigle poursuivant ce dernier sur la face B. Ici, notre éphèbe tient dans une main un cerceau, signe de jeunesse, et dans l’autre un coq, symbole pédérastique par excellence. La statuette nous montre Zeus directement aux côtés de Ganymède .

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Rhéa, Amalthée allaitant et la danse des Curètes (dessin d’un bas-relief romain). Source : Wikimedia Commons.

Ce bas-relief romain nous montre la mère de Jupiter/Zeus au moment où elle l’a caché sur une île pour le protéger de Chronos. Jupiter/Zeus est ici allaité par la chèvre Amalthée. Les Curètes sont quant à eux des dieux mineurs prenant l’apparence de jeunes hommes et, selon la légende, dansant pour empêcher Chronos d’entendre les cris de Zeus encore bébé.

À l’époque moderne :

Zeus a été remis au goût du jour durant la Renaissance et de nombreux artistes et écrivains l’ont réutilisé dans leurs œuvres. Il existe par exemple une pièce de théâtre intitulée Platée (ou Junon jalouse) de Jean-Philippe Rameau qui narre l’une des colères de Junon contre sont mari infidèle, Jupiter, qui se venge de sa femme jalouse en la soi-disant trompant avec une femme laide du nom de Platée. Le roi des dieux a aussi été le sujet de nombreuses œuvres d’art, notamment en peinture.

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Ces différentes toiles nous montrent quelques amantes du dieu infidèle, hors-mis celle de Nicolas Poussin qui réinterprète une nouvelle fois l’enfance de Zeus. La première est Io, une prêtresse d’Héra à Argos, que Zeus a fécondée en prenant la forme de nuages pour échapper aux regards de sa femme. La seconde est Sémélé, la mère de Dionysos, qui mourut par la colère d’Héra avant d’enfanter. Pour sauver son enfant, Zeus l’a implanté dans sa jambe jusqu’à que celui-ci ne naisse. Enfin, le dernier tableau montre Jupiter auprès d’Antiope, fille de Nyctée, le roi de Thèbes. Le dieu s’est ici métamorphosé en satyre après avoir été séduit par la beauté de la jeune femme.

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Bertel Thorvalsen. Ganymède et l’aigle (1817). Source : Wikimedia Commons, photo de Carsten Noorgard.

Encore de nos jours, Zeus est généralement réinterprété dans les médias qui nous entourent. Il apparaît par exemple dans la série de livre Percy Jackson de l’auteur américain Rick Riordan qui a été par deux fois au cinéma : Percy Jackson : le voleur de foudre en 2010, et réalisé par Chris Colombus et Percy Jackson : la mer des monstres en 2013, réalisé par Thor Freudenthal. Il apparaît également dans les jeux vidéo comme Age of Mythology ou bien dans God of War. Enfin il est aussi dans le manga et le manfra, étant mentionné dans Saint Seiya, il peut également être vu sous les traits de Sailor Jupiter (guerrière contrôlant la foudre) dans Sailor Moon, et il apparaît sous les traits d’un poulet dans Save me Pythie. Zeus n’a pas fini de nous inspirer.


Image à la une :

Quatremère de Quincy. Statue chryséléphantine du Zeus Olympien (1815). Source : Wikimedia Commons.

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