Exposition « Le rêveur de la forêt » au musée Zadkine

L’hiver à Paris est bien installé et les vacances de Noël débutent : cette ambiance végétale peuplant les rues de la capitale de sapins vous inspire ? L’exposition Zadkine est faite pour vous.


« Les arbres et moi sommes de la même essence » écrivait le sculpteur Ossip Zadkine (1890-1967). Et c’est là que se joue le fil rouge de cette exposition intitulée « Le rêveur de la forêt » : elle interroge la fascination faite de peur et d’enchantement mêlés que suscite la forêt dans l’imaginaire commun. La particularité de ce parcours est de présenter des œuvres de Zadkine en dialogue avec le travail d’artistes actuels, également fascinés par « le rêve de la forêt ». Ainsi le musée se dote d’une quarantaine d’artistes, du début de la modernité à notre époque contemporaine. C’est parfaitement notable dans l’affiche de cette exposition qui met en lumière non pas une œuvre de Zadkine, mais bien Parle Ment Branches (2), réalisée en 2017 par l’artiste contemporaine Laure Prouvost.

laure pruvost
Laure Prouvost, Parle Ment Branches, 2017 Branches, Plâtre, Peinture, 160 x 80 cm

La Lisière

Le parcours se décompose en trois temps : nous débutons dans « La Lisière », représentant l’une des frontières du « monde civilisé ». Une foule de totems, mi-bustes, mi-arbres de Zadkine nous accueille : primitivismes, formes brutes et expressives, archaïsme, bois sont les maîtres-mots de cette première partie. En dialogue on peut admirer La Forêt de Giacometti qui ramène la silhouette humaine à son noyau primordial, son « être-arbre ».

la forêt
Alberto Giacometti, La Forêt, 1950, bronze, 57 x 61 x 47,3 cm

La Genèse

Puis nous déambulons jusqu’à « La Genèse », le volet qui explore la vie dans la forêt, l’infinité possibilité de créations, la nature en métamorphose. Dans cette perspective, l’exploration de la morphogénèse (processus de naissance des formes) de Hans Arp fait sens, en dialogue avec cette fameuse œuvre de Laure Prouvost déjà mentionnée, dont le corps féminin fusionne avec l’élément végétal de la branche. Les œuvres sont loin d’être appréhendées de manière distante et froide puisqu’une œuvre sonore de JL Hervé leur donne vie : des entités captent notre passage, et ce qui semble être un gazouillement tantôt mélodieux, tantôt inquiet, se laisse entendre.

croissance
Hans Arp, Croissance, 1938, plâtre, 109 x 36 x 43,5 cm

Le jardin

Nous traversons ensuite le jardin du musée, entre la maison et l’ancien atelier, où l’on peut admirer de nombreuses statues de Zadkine, qui aimait faire confronter le matériau aux aléas de la nature et du temps qui passe. Pour lui, une sculpture ne saurait se contenter d’être un bel objet, elle doit être une vivante poésie. Le sculpteur œuvrait ainsi dans une exceptionnelle intuition des ressources du matériau.

Bois sacré, bois dormant

Nous finissons dans l’ancien atelier de l’artiste, pour terminer le volet du « Bois sacré, bois dormant ». Y sont réunies plusieurs œuvres inspirées par l’esprit et les mystères de la forêt, faisant du lieu une « forêt intérieure », support de croyances, contes et projections fantasmagoriques. De fait, Zadkine a été nourri dans son enfance des sensations vécues dans la forêt primaire qui entourait Smolensk.

La forêt est cet espace où l’homme est « dehors et dedans, tout à la fois. Libre et prisonnier. » selon les mots de Max Ernst. « Qui va résoudre l’énigme ? »  s’interrogeait-il. Ernst est en effet l’auteur d’une toile agissant comme le paradigme de cette exposition (La dernière forêt datant de 1960-70). Par aileurrs, l’œuvre polymorphe d’Ariane Michel est particulièrement saisissante, puisqu’on est dans un premier temps interpellé par des sons de la forêt. En explorant, on tombe nez à nez avec une vidéo cachée qui révèle le subterfuge : les murmures de la forêt ne sont en réalité qu’évoqués par l’utilisation de différents éléments artificiels (pots en verre, brosses, tubes, tiges métalliques…).

ariane michel

Ci-dessus, les différents objets utilisés pour le concert d’Ariane Michel, qui ont permis de faire croire à notre oreille aux murmures de la forêt. Cette œuvre rappelle que la forêt est elle aussi une reconstitution et un fantasme du monde primordial.


Exposition « Le rêveur de la forêt », jusqu’au 23 février 2020 au 100 bis rue d’Assas, Paris 6ème.

Tous les jours sauf le lundi et certains jours fériés (fermé le 25 décembre et le 1er janvier) de 10h à 18h, dernière entrée à 17h30.

www.zadkine.paris.fr

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