A la découverte de la mythologie précolombienne (2)

Les mythes précolombiens restent à ce jour bien moins connus que ceux qui nous sont les plus proches. Après avoir entraperçu la cosmogonie aztèque et inca ainsi qu’un mythe fondateur dédié au soleil, il est maintenant temps d’en apprendre plus sur un autre peuple sud-américain. Tentons ensemble de plonger dans les secrets des dieux et autres légendes entourant les Mayas.

Les dieux Mayas : du ciel au plus proche des humains

Comme de nombreuses civilisations, les Mayas vénéraient plusieurs dieux aux formes et aux fonctions différentes. Mais contrairement aux divinités connues des civilisations grecques et romaines, beaucoup de dieux mayas restent encore à ce jour très mystérieux. Il s’agissait également de croyances très évolutives, les pratiques et les divinités changeant au fur et à mesure des siècles. Parmi les dieux qui semblaient les plus vénérés, les astres comme le Soleil, la Lune, l’Eau ou encore la Terre ressortaient beaucoup dans les gravures et les codex de ce peuple aujourd’hui disparu. Au fur et à mesure du temps, les éléments naturels ont été peu à peu personnifiés tandis que des divinités gouvernant les activités humaines ont également vu le jour. Parmi le panthéon des dieux, huit ressortaient du lot.

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Le dieu Itzamna. Statue trouvable au musée de Campeche (Mexique). Source : Flickr. Photo de aeddubh.

Le premier et le principal était Itzamna, le dieu créateur de l’univers. Généralement représenté en tant que monstre-crocodile, il avait l’apparence d’un vieillard une fois sur Terre. En tant que divinité suprême, il a enseigné l’écriture, l’agriculture, les lois ainsi que le calendrier aux humains. Bien que vénéré par tous les Mayas, ceux qui s’en remettaient le plus aux prières étaient les prêtres-astronomes. Itzamna était secondé par deux autres dieux. Ils formaient à eux trois les trois divinités célestes. Le premier est Kinich Ahau, le dieu Soleil incarnant le jour. Généralement représenté comme un homme aux yeux qui louchent, les Mayas pensaient qu’une fois la nuit tombée, Kinich Ahau se transformait en jaguar, un animal sacré pour de nombreux peuples précolombiens. La Lune venait compléter la triade céleste avec Ixchel, déesse contrôlant l’eau et protégeant les femmes. Cette divinité patronnait le tissage mais pouvait également être malveillante et entraîner des tempêtes et des inondations.

Outre les divinités supérieures, deux autres groupes divins étaient parmi les plus importants. Le premier se concentrait sur deux dieux liés à l’agriculture et à la nature. En effet, Chac, le dieu de la Pluie était prié pour que les récoltes soient bonnes durant l’année. Cette divinité pouvait également être maléfique, les légendes disant qu’il était celui qui amenait la sécheresse ou au contraire provoquait, comme Ixchel, des inondations. Vénéré surtout par les paysans, il était accompagné de Yum Kax, dieu du Maïs, souvent représenté comme un jeune homme coiffé d’un épi de maïs. Le dernier groupe de dieux était un trio présent dans la vie quotidienne des Mayas.

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Fresque murale représentant Ah Puch. Source : Flickr. Photo de Manuel G.

Le premier était Ah Puch, dieu des Morts. Accompagnant les défunts, il était généralement représenté comme un squelette ou bien sous la forme d’un cadavre en décomposition. La divinité suivante était Ah Katun, gouvernant la Guerre et souvent représenté une torche à la main, s’apprêtant à incendier une maison. Un trait caractéristique se retrouvait autour de son œil. En effet, une marque noir cernait ce dernier. Enfin, l’ultime dieu était Ek Chuah, patron protecteur des marchant et divinité du Cacao. En effet, les fèves servaient très certainement de monnaie pour le peuple maya, voilà pourquoi il était généralement associé à ce fruit.

Le mythe des jumeaux héroïques

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Extrait du Popul Vuh (recto du folio 5 du manuscrit de Francisco Ximénez). Source : Wikimedia Commons. Photo de la Ohio State University.

Outre les divinités mayas, quelques mythes nous sont parvenus au travers du Popul Vuh, un des six documents mayas connus, celui-ci étant écrit par les Mayas-Quichés au XVIe siècle. En plus de la création du monde, Xilbaba, qui fait émerger la terre de la mer par la pensée et les paroles des dieux, en plus du peuplement du monde par les animaux puis par l’Homme qui a été raté à deux reprises, les Mayas ont également écrit le mythe de deux frères entrés dans la légende. L’histoire des légendaires Hunahpu et Ixbalanque commence par la mort de Hun Hunhapu et de son frère. Ces derniers jouaient à la balle et ont dérangé les seigneurs de l’Enfer qui, pour les punir, les ont amené dans l’inframonde et les ont tué puis décapité et la tête de Hun Hunhapu a été placée dans un arbre du monde des humains. Une jeune fille, Ixquic, s’en est approchée et a été fécondée par un crachat qui lui tomba sur la main. De ce miracle, sont nés Hunhapu et Ixbalanque. Cependant, ils ne sont pas les seuls fils de Ixquic qui avait alors deux garçons. Méchants et mauvais envers les jumeaux légendaires, ces derniers ont été changés en singe lorsqu’ils sont montés à un arbre, attirés par Hunhapu et son frère. Quelques temps après cette vengeance, les jumeaux jouèrent à la balle, attisant la colère des seigneurs de l’Enfer. Ces derniers, qui cherchaient à les tuer, décidèrent de faire une partie en Enfer. Les deux frères doivent alors se rendre dans l’inframonde non sans embûche, devant traverser des rivières de sang et de pus. Mais ce n’est pas le pire. Les seigneurs de l’Enfer demandèrent aux deux jumeaux de visiter six demeures, regorgeant de dangers. Or, la dernière, celle des Chauves-Souris, eu raison d’Hunhapu qui se fit décapiter. Les monstres décidèrent de jouer avec sa tête mais son frère parvint à la récupérer et à la recoller. S’impatientant de tant de défiance, les seigneurs infernaux lancèrent un défi aux jumeaux légendaire : sauter dans un brasier. Ces derniers s’exécutèrent et moururent, réduits en cendres. Les monstres décidèrent de les jeter dans une rivière mais Hunhapu et Ixbalanque renaquirent sous la forme d’hommes-poissons. Voulant se venger, ils se déguisèrent en artistes et allèrent faire des tours de magie, par exemple se tuer et se ressusciter. Les seigneurs de l’Enfer voulurent tenter l’expérience et furent tués par Hunhapu et Xibalque qui refusèrent de les faire revenir à la vie.

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Les jumeaux héroïques Hunhapu et Xbalanque. Source : Wikimedia Commons. Image de Lacambalam.

Cet article avait pour but de mieux appréhender le peuple maya au travers de ses mythes et légendes. Il serait toutefois intéressant de voir comment se comportaient vraiment les populations méso-américaines au travers d’articles plus axés sur des vestiges ou bien sur les civilisations elles-mêmes pour ainsi en découvrir plus sur les Mayas, les Aztèques, les Incas, les Olmèques, les Zapotèques, les Toltèques et les autres populations aujourd’hui disparues.


Image à la une : Tête du dieu maya Kinich Ahau. Pierre et stuc, trouvée dans El Palacio de Palenque. Musée du site archéologique de Palenque, Chiapas. Source : Wikimedia Commons. Photo de Salvador alc.

En savoir plus :

  • MIRZA, Sandrine. Mayas – Aztèques – Incas. Toulouse, MILAN, Collection Les Encyclopes, 2006.
  • TALADOIRE, Eric. Codex MayasEncyclopaedia Universalis [en ligne] (consulté le 11 décembre 2019).
  • TALADOIRE, Eric. MayasEncyclopaedia Universalis [en ligne] (consulté le 11 décembre 2019).
  • La Création selon les Maya et le Panthéon Maya de Mythologica

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