A la découverte de la mythologie précolombienne (1)

Toute civilisation possède ses propres mythes et légendes qui finissent par perpétuer des traditions qui auraient dues s’éteindre il y a bien longtemps. Tout le monde connais Zeus et Jupiter, Poséidon et Saturne, Hadès et Pluton.  Les déesses qui les accompagnent restent moins connues mais tout aussi importantes comme Héra ou Junon, Perséphone ou Proserpine, Aphrodite ou Vénus. Si les divinités des mythes les plus proches de nos contrées restent parfois encore obscurs, alors ceux de peuples éloignés nous sont presque inconnus. Aujourd’hui, deux civilisations précolombiennes vont dévoiler leur panthéon divin devant vous.

Aztèques : le culte des Soleils

Pour les Aztèques, la créations du monde a été le fruit du mythe des Cinq Soleils. Selon cette légende, il existerait plusieurs astres qui ont été créés puis détruits de manière succinctes jusqu’à la création du Cinquième Soleil qui a permis l’apparition de l’Homme sur Terre. Et les seuls êtres pouvant détruire ces astres n’étaient autres que les dieux et déesses qui gouvernent sur le monde. Mais il faut tout d’abord retourner à l’aube de toute chose, lorsque le tout premier dieu est sorti du Néant. Nommé Ometeotl, cet être est la manifestation de la dualité et de la complémentarité. Il se caractérise pour être tout et son contraire : homme et femme, feu et eau, lumière et ténèbres, espace et temps. Cet être non-genré a donné naissance aux deux divinités créatrices, Ometecuhtli, dieu de la dualité, et son épouse et sœur Omacihuatl. Ce sont ces derniers qui ont donné naissances aux principaux dieux du panthéon aztèque. Au nombre de quatre, ces frères correspondent chacun à l’un des quatre points cardinaux.

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Quetzalcoatl, dieu de la sagesse. Wikimedia Commons

Le plus connu est Quetzalcoatl – apparaissant dans les Mystérieuses cités d’or –  le dieu qui est associé à la végétation, au vent et à la lumière créatrice. Il est l’incarnation de l’étoile du matin et est souvent appelé Serpent à plume. C’est également la divinité de l’écriture et des connaissances, de la sagesse. Exilé sur terre lors d’un épisode mythologique, l’empereur Moctezuma II a cru voir en Cortés la réincarnation de cette divinité lors de son arrivé en Amérique. Vient ensuite le dieu principal des cultes aztèques : Huitzilopochtli. Symbolisé par le colibri, il s’agit de la divinité de la guerre. Selon certains mythes, il aurait sauver sa mère d’un matricide en tuant ses frères et sœurs. De plus, c’est cette divinité qui a guidé les Aztèques durant leur migration et qui les a conduit jusqu’à leur nouvelle capitale, Tenochtitlan. Tezcatlipoca est le principal adversaire du dieu de la sagesse. Contrairement à Quetzalcoatl qui refuse les sacrifices, ce dieu demande beaucoup de sacrifices humains ou non. De plus, il est souvent représenté de manière malfaisante, sous les traits d’un géant portant entre ses mains sa tête ensanglantée. Son aura négative est aussi au centre de certains récits. Ce serait par lui que Quetzalcoatl aurait été corrompu, initié aux plaisirs charnels et aux vins qui ont ensuite poussé Huitzilopochtli a chassé le Serpent à plume du ciel. Le dernier dieu primordial est Xipe Totec, l’incarnation du renouveau de la nature. Il est représenté recouvert d’une peau humaine qu’il aurait reçu des sacrifices humains qui lui sont dédiés. Autres ces dieux, il existe environ 120 autres être supérieurs dont Mictlantecuhtli, le seigneur du royaume des morts a qui Quetzalcoatl a volé les ossements et qui ont recouvert de sang divin pour donner naissance aux humains, après la création du Cinquième Soleil.

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Statue de Mitlantecuhtli, musée du Templo Mayor de Mexico. Wikimedia Commons, photo de Thelmadatter.

Incas : un autre culte du Soleil

Le mythe créateur du monde est presque identique à celui des Aztèques. Selon la cosmogonie inca, plusieurs mondes se sont succédé  dans un sempiternel cycle création – destruction.  Chaque Soleil avait une durée de vie de mille ans avant de laisser place au suivant. Le Cinquième Soleil, correspond ici, non pas à la naissance de l’humain mais bien de l’invasion espagnole. Le soleil étant encore une fois au centre des croyances, il est normal que celui-ci soit symbolisé et vénéré. Chez les Incas, le dieu qui incarne l’astre du Jour est Inti. Représentée par un soleil avec un visage – visible sur le drapeau de l’Uruguay – cette divinité parcourait le ciel tout les jours. Sortant des eaux à l’Est, Inti se déplace inlassablement vers l’ouest où il plonge dans l’océan pour rejoindre sa femme, Pachamama, la déesse-terre. Ces dieux créateurs ont ensuite donné naissance à quatre frères et sœurs assez peu connus. Inti était vénéré dans des temples dédiés au soleil comme celui de Cuzco, le Coricancha.

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Le couvent Santo Domingo construit sur les ruines du Coricancha. Wikimedia Commons, photo de Gabriel Lovato / Flickr.

La déesse-mère elle est toujours vénérée de nos jours. En effet, lors de la christianisation des peuples incas, Pachamama a été assimilée à la Vierge Marie. Ainsi, beaucoup d’offrande sont encore faites par les croyants actuels. Peu de représentations de la divinité existent encore mais elle apparaît tout de même dans les Mystérieuses cités d’or, le dessin animé des années 1980. Outre ces deux divinités, l’un des plus représentatifs du culte reste Viracocha. Dieu de la foudre et créateur de toute chose, il est souvent rapproché à Quetzalcoatl. Tout comme le Serpent à plume chez les Aztèques, Viracocha a été exilé sur terre. Encore une fois, Cortés a été pris pour la divinité par la ressemblance entre ses traits et ceux du conquistador. Ses attributs, la barbe, la longue robe et le sac se retrouvaient sur les Espagnols ce qui a amené les Incas a les vénérer lors de leur arrivée en Amérique. Le dernier dieu, Pachacama, est un dieu créateur qui est souvent confondu avec Viracocha. Il est d’ailleurs présent dans l’un des album de la série Tintin ou dans l’adaptation en dessin animé Tintin et le temple du soleil.

 

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Pachacamac, représentation apparaissant dans l’un des tomes d’Hergé.
Ces deux civilisations portent un intérêt certain pour l’astre solaire. Cela est sans nul doute dû au fait que la zone géographique qu’elle occupait reste encore aujourd’hui très aride. Il est alors normal que les peuples vénèrent une figure divine qui l’incarnent et qu’il lui offrait des offrandes ou des sacrifices pour s’attirer ses bonnes grâces. Bien d’autres mythes existent sur ces divinités aztèques et incas mais il était préférable de montrer les similitudes entre ces dernières au travers de deux peuples précolombiens. Il faudra voir si d’autres populations d’Amériques du Sud vénéraient elles aussi le soleil ou si au contraire, elle cherchaient la protection d’autres astres et divinités. Il faudra donc s’intéresser aux Mayas, aux Olmèques et aux Toltèques ou encore aux mystérieux Nazca pour en avoir le cœur net.

Image à la une: Monolithe de la pierre du Soleil ou Calendrier aztèque, Musée national d’anthropologie et d’Histoire de Mexico. Wikimedia Commons, photo prise par El Comandante.

En savoir plus:

  1. Les grandes civilisations précolombiennes
  2. Article de Géo sur le Serpent à plume
  3. Mythologica
  4. France Inter
  5. Vidéo de Nota Bene
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