Rouge, Art et utopie au Grand Palais

La capitale se couvre le temps de l’exposition du Grand Palais d’un drapeau rouge. La Révolution d’Octobre 1917, plonge la Russie dans un nouvel ordre social. Or l’artiste étant le témoin de son époque, l’art doit prendre parti.

 

Vers un homme nouveau,

Quand les convictions personnelles de l’artiste font adhérer celui-ci à la volonté d’une autre société, il met son génie au service de cette utopie. Ce qui marque dans les années 1920 c’est la formidable diversité, des médiums aussi bien que des genres. L’exposition propose de découvre de manière chronologique les implications de l’art dans le nouveau régime. Dans un premier temps, jusqu’à la fin des années 1920, l’art soutient la concrétisation d’une nouvelle société. Partir de la prise de pouvoir de Staline le débat artistique se clôture.

 

Les avant-gardes ou le pluralisme esthétique

La première réponse des Arts au contexte politique est l‘abolition des cadres académiques. A l’image de l’effondrement des luttes des classes, l’art « bourgeois » doit aller à la rencontre du peuple. L’art doit se rependre dans la rue et toucher le cœur de la vie. Il faut rappeler qu’au lendemain de la Révolution le taux illettrisme est de 80% de la population ainsi fleurissent les affiches colorées au slogans court et percutant se multiplient partout dans le pays. Si la lithographie, et autres techniques de l’estampe ont tenu un rôle majeur dans l’appropriation des lieux publics par les artistes, on peut regretté le nombre très limité d’œuvres présentées à l’occasion de cette exposition.

En 1918, s’organise une nouvelle esthétique. Le mot d’ordre, abattre les frontières intellectuelles : fondre la vie et l’art ensemble. Pour atteindre cette visée il faut délaisser les anciens supports bourgeois. L’art doit peupler la rue, les campagnes infinies. La diffusion des nouvelles théories artistiques sont assurées par l’emploi de trains. Face à la guerre civile qu’à entraîné la Révolution, le gouvernement bolchevique met en place une politique « agit-pop », soit l’alliance de la propagande en vue de l’agitation populaire. Les artistes de cette première partie agissent par réelles convictions personnelles, l’art est laissé libre. En effet, la variété des tendances est soutenue par Trotski qui y voit l’aboutissement de son idéologie.

Néanmoins est-ce que ces nouvelles réflexions artistiques touchent réellement les masses ? Rapidement la tendance semble s’inverser  pour émouvoir il faut être réaliste. En transcrivant le réel, l’oeuvre est rendue claire et accessible à tous.

 

Le fordisme chez les soviétiques ? Mais bien sûr !

La recherche artistique bat son plein n’étant plus contraint pas des cadres socio-politique strict. C’est par l’exemple du théâtre que l’exposition nous invite à découvrir les incroyables recherches des artistes soviétiques.  Le théâtre prend une place à part, il devient un véritable laboratoire. Autour du metteur en scène Vsevolod Meyerhold, le jeu des comédiens devient le sujet d’une attention toute particulière. Les gestes sont étudiés afin d’être rationalisé grâce au recherche de la biomécanique. Le geste est dépouillé de toute perte d’énergie inutile, ce dépouillement à l’extrême amène au mouvement le plus pur. Le théâtre ne se renouvelle pas que d’un point de vue de son jeu, les sujets des pièces et la conception de l’espace scénique sont également questionnés.

 

La prise en charge de l’art par l’Etat

La politique de Staline réduit la liberté relative à la création pour concentrer le génie esthétique sur un type de représentation spécifique. De telles barrières entraîne ce que l’on appelle en littérature le « réalisme socialiste » qui aussi présent en peinture. La variété des thèmes communs pour toutes les expressions artistiques sont la figure de l’ouvrier modèle (travailleur acharné), le kolkhozien (correspondant aux ouvriers agricoles qui nourrissent la nation), le soldat et le chef. Le sport devient un enjeu crucial afin de forger l’Homme nouveau. Le corps est considérer comme le reflet de l’esprit ce qui n’est pas sans rappeler l’adage latin « Mens sana in corpore sano ». L’exercice physique n’est plus un attribut masculin, les femmes se trouve sur le même plan d’égalité. Entretenir son corps c’est une déclaration patriotique, l’individu se forge et assimile la discipline afin d’être prêt à défendre son idéologie en saisissant les armes.

 

Réaliste, en êtes-vous sûr ?

Le courant du « réalisme socialiste » cherche son inspiration dans la société et le retranscrit sous des formes vraisemblables qui tendent à produire des formes viables. Cependant, il ne faudrait pas se laisser abuser par cet abus de langage qui accole au mouvement le terme de « réaliste ». Avec le recul rendu possible par l’exposition, on comprendre que ce qui caractérise ces toiles n’est pas le traitement graphique « réaliste » mais le puissant mouvement de rejet de toute réalité concrète dans le sujet choisi. Le sujet est toujours idéalisé, les personnages sont des modèles pour les masses portant des valeurs choisies : optimiste,  travailleur, individu sain. Ainsi si on devait positionner cet art permit les grandes périodes de l’Histoire de l’Art, il trouverait sa place au près de l’art académique du XVIIe siècle et non au près du réalisme critique de Courbet.

 

 

 

 

 

Informations pratiques :

Rouge, Art et utopie au pays des Soviets, Grand Palais

Commissaire d’exposition : Nicolas Liucci-Goutnikov, conservateur, assisté de Natalia Milovzorova, chargée de
recherche, Musée national d’art moderne, Centre Pompidou
Scénographie de Valentina Dodi et Nicolas Groult

Horaires ; Lundi, jeudi, vendredi, samedi et dimanche de 10h à 20h Mercredi de 10h à 22h Fermé le mardi, le 1er mai et le 14 juillet 2019.

Nuit européenne des musées le samedi 18 mai 2019 : exposition ouverte et gratuite de 20h à 1h (dernier accès minuit)

Plein tarif : 14 € Tarif réduit : 10 € Tarif tribu (4 personnes dont 2 jeunes de 16-25 ans) : 38 €

 

 

 

 

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