La ville maya de Chichen-Itza

Ville sacrée du centre du Yucatán, Chichen-Itza a été le lieu de vie des Mayas pendant presque mille ans. Puissante en son temps, cette cité située entre Mérida et Valladolid est l’un des ensemble les plus importants de la civilisation Maya-Toltèque qui allie le savoir-faire de ces deux peuples précolombiens. Le site est aujourd’hui l’un des plus visité de la région de part son importance historique mais aussi et surtout patrimoniale. D’abord classé comme patrimoine mondial par l’Unesco, il a ensuite été élu en 2007 comme l’une des sept nouvelles merveilles du monde par la New Seven Wonders Fondation.

Brève histoire de la cité

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Le cénote sacré de Chichen-Itza, Wikimedia Commons, photo de André Möller, 2003

Chichen-Itza n’a pas toujours ressemblé à ce que nous connaissons aujourd’hui. Plusieurs éléments de datation permettent d’échelonner l’évolution des bâtiments dans le temps. Les plus anciennes traces dont disposent les archéologues font remonter les origines de la cité maya au cours du Ve siècle. Les civilisations ont choisi sa localisation grâce à la présence de plusieurs cénotes, des gouffres qui sont le plus souvent remplis d’eau douce. Il était déjà essentiel pour ces populations de contrôler et conserver l’eau dans une région qui en est naturellement dépourvue. Il n’est donc pas étonnant que les Mayas aient construit une cité non loin de pas moins de cinq puits. C’est d’ailleurs grâce à eux que le site porte le nom de Chichen-Itza. En effet, Chi signifie littéralement « bouche » en maya tandis que chen peut se traduire par « puits ». Itza est une appellation plus récente. Selon les anciens manuscrits, la première ville était nommée Chichén Viejo et a laissé un héritage architectural encore visible de nos jours comme le temple du Cerf ou encore le temple des Panneaux. La majorité des ces traces remontent alors au VIIIe – Xe siècles et permettent de bien différencier les bâtiments du classique hâtif (250 – 600 ap. J.-C.) du tardif (600 – 800 ap. J.-C.) ou du terminal (800 – 1000 ap. J.-C.).

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El Caracol, l’observatoire astronomique de Chichen-Itza, Wikimedia Commons, photo de Fcb981

L’arrivée des Itza correspond à la migration guerrière toltèque et aux multiples conquêtes mayas qui se sont déroulées au IXe – Xe siècle.  Concernant la cité de Chichen-Itza, cette dernière auraient changé de nom lorsque le roi de Tula (capitale toltèque aunord de Mexico) chassa Ce Acatl Topiltzin Quetzalcoatl, dit Kukulkan ou « Serpent à plume », entre 967 et 987. Les nouvelles constructions résultent alors du mélange des deux civilisations. Ainsi un tout nouveau style a permis à de nombreux édifices comme El Caracol, un très vieil observatoire d’astronomie, El Castillo (la pyramide du dieu Kukulkan), le temple du Jaguars et bien d’autres bâtiments. Tous sont datables du postclassique hâtif (1000 – 1250 ap. J.-C.) ou tardif (1250 – 1517 ap. J.-C.). Il est aussi à noter que les constructions semblent s’être arrêtées au cours du XIIIe siècle. Ce changement coïncide, selon les archéologues, avec un dépeuplement progressif de la cité entre les XIe et XVe siècles. Inhabitée et en ruine, Chichen-Itza resta cachée au reste du monde jusqu’à sa redécouverte et son exploration en 1841 par l’écrivain John Lloyd Stephens et l’illustrateur Frederick Catherwood.

Tourisme et monuments remarquables

Après de nombreuses années d’études par des archéologues et quelques problèmes relatifs aux trésors qui ont été amenés au Peabody Museum of Archeologie and Ethnology de Harvard et dont une partie a été restituée à Chichen-Itza, le site a commencé à se faire connaître du grand public. Attirant de plus en plus de visiteurs chaque année, l’Etat du Yucatán, en accord avec le gouvernement mexicain, a mené de nombreux projets de réaménagements entre 1922 et aujourd’hui. Un aéroport spécialement conçu pour le tourisme, El Aeropuerto de Chichén Itzá del Estado de Yucatán a été construit en 2001 à moins de 20 kilomètres du site maya.

En arrivant dans Chichen-Itza, tout le monde peu constater un découpage en deux des différentes ruines toujours debout. Ainsi le nord du site rassemble tous les monuments les plus reconnaissables et les plus récents de la cité. Mais le sud, aussi appelé Chichén Viejo, se remarque par quelques bâtisses à l’architecture bien particulière et semblable à celle des ruines d’Uxmal du Yucatán. Le sud de la cité, bien que moins documenté, reste des plus intéressant à visiter.

  • La Iglesia

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    Temple « La Iglesia », Wikimedia Commons, photo prise par Wolgang Sauber

Il s’agit d’un temple construit dans un des plus anciens styles utilisés dans le Yucatán, le style Puuc. Ce dernier se caractérise par plusieurs pièces répartie sur différents étages. Les murs sont décorés de colonnes et de pilastres mais aussi de frises décorées de formes géométriques ainsi que du visage du dieu Chaac. D’autres animaux comme des tortues ou bien des tatous viennent compléter les multiples représentations de divinités qui ont permis aux archéologue d’identifier ce bâtiment comme un temple. Son nom, lui, vient de la présence d’un autre édifice : le Quadrilatère des Nonnes.

  • Le Quadrilatère des Nonnes

Ce bâtiment construit dans le style Chenes se caractérise par la présence de tours fonctionnelles accompagnant les macarons et les autres décorations extérieures. De forme quadrangulaire, ce monument se compose de plusieurs pièces qui abritaient des fresque murales ainsi que des peintures. Une nouvelle pièce semble avoir été construire de manière postérieure puisque le style Puuc y est le plus présent. Son appellation vient d’une erreur d’un conquistador qui avait assimiler ces multiples pièces à des chambres de nonnes. Mais d’après les archéologues, la taille du monument ainsi que la forte présence de décorations seraient les signes d’un bâtiment royal comme un palais maya.

  • La Casa Colorada
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La Casa Colorada, Wikimedia Commons, photo prise par Wolfgang Sauber

Ce bâtiment est l’un des mieux conservés du Chichén Viejo. La Casa Colorada est un nom qui a été donné par les archéologues lorsqu’ils ont découvert des traces de peinture rouge sur les murs de cette construction. Parmi les éléments les plus importants pour les chercheurs, quelques écrits et de dates mayas semblant indiquer la présence des Itza dans la cité. Cet édifice a peut-être été le lieu de vie de membres de l’élite sociale de Chichen-Itza aux alentours de 869.

 

La partie nord du site est bien plus connu du grand public et regorge de monuments remarquables et remarqués pour leur importance symbolique et historique. Le plus imposant reste la pyramide de Kukulkan qui est le plus iconique et visité. Surnommée El Castillo par les conquistadors, cette immense structure décorée à l’image du Serpent à plumes servait principalement comme calendrier géant. Cette pyramide a été construite de manière à calculer à l’aide du soleil les périodes d’équinoxe grâce à l’ombre portée. Les recherches récentes ont indiqué que ce monument a été construit sur une autre pyramide, plus petite, qui possède son propre temple.

Non loin se trouve El Caracol, un immense observatoire astronomique qui permettait aux mayas d’étudier le mouvement des étoiles et des astres. Fait intéressant, cette construction permet de facilement voir la planète Vénus qui était attribuée à Kukulkan, Quetzacoatl lui-même, il est donc normal que la pyramide ai été bâtie non loin d’elle. D’autres ruines en lien avec l’aspect religieux peuvent se visiter. C’est le cas du cénote sacré qui servait pour les offrandes d’or et de jade. Quelques sacrifices semblent attestés par la présence d’ossements humain et majoritairement masculins retrouvés en très petit nombre lors du dragage. Les sacrifices étaient le plus souvent faits dans le temple des guerriers. Enfin, les jeux étaient aussi un moyen pour les Mayas de vénérer leurs dieux. Les visiteurs peuvent voir les vestiges d’un terrain de jeu de balle que les plus anciens chercheurs comme John Lloyd Stephens considéraient comme un « gymnase ». Après des prospections plus poussées, des similitudes ont été faites avec le site d’Uxmal qui possédait lui aussi un terrain de jeu de balle.

Chichen-Itza est le plus imposant site maya de tout le Yucatán. Sa redécouverte au XIXe siècle a permis de faire renaître aux yeux du monde une civilisation aujourd’hui disparue. Cette cité semble encore garder quelques secrets qui seront peut-être un jour révéler au grand public. Seul l’avenir nous le dira.


Image à la une : El Castillo, la pyramide de Kukulkan, Pixabay, photo mise en ligne par jiansopi

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