Asako I et II et Sense de Ryusuke Hamaguchi : la déconstruction du couple japonais.

Les cinémas français ont présenté deux œuvres du réalisateur Ryusuke Hamaguchi. La saga des trois films Senses a été diffusée en mai dernier tandis que le film Asako I et II est sorti ce mois de janvier 2019. Avec ces deux sagas, Ryusuke Hamaguchi dépeint une vision du couple japonais bien terne.

5140686.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxSENSES

La série de film Senses s’articule en 5 parties réparties sur 3 films. L’intrigue suit l’histoire de quatre femmes : Akari, une infirmière divorcée; Fumi, une responsable d’un centre artistique mariée à un éditeur; Sakurako, une femme au foyer qui a un fils adolescent et Jun, dont le divorce et la disparition chamboulent la vie de ses amies.

Avec ces quatre personnages, le réalisateur propose quatre manières de vivre le couple et son équilibre instable.

Jun souhaite divorcer, elle a trompé son mari et ne l’aime plus, se sent abandonnée. Cependant la loi n’autorise le divorce que si les deux parties sont d’accord, ou pour faute. Or, son mari refuse de divorcer et Jun se retrouve à inventer des maltraitances pour réussir à se libérer de son mariage.

Échouant au tribunal, elle disparaît alors qu’elle est enceinte de son mari.
La révélation de son divorce et sa disparition chamboulent la vie de ses amies qui cherchent à comprendre ses décisions.

Fumi fait face à son mariage vacillant et les soupçons d’infidélité qu’elle a envers son mari.

Akari est tiraillée entre un ex-mari encore très présent, une relation platonique avec un autre homme et son travail.

Sakurako est l’incarnation de la femme au foyer traditionnelle, elle s’occupe de son mari, son fils adolescent et sa belle-mère. Elle ne peut partir en voyage avec ses amies sans demander l’autorisation de son mari et lorsque son fils a mis une fille enceinte son mari la blâme; c’est sa belle-mère qui l’accompagne pour s’excuser auprès des parents de l’adolescente.

La dernière partie est amère pour toutes, Fumi demande le divorce et s’évanouit alors que son mari a un accident de voiture.

Akari suit les pérégrinations d’un artiste qu’elle a rencontré sans réfléchir. Il l’emmène dans une fuite en avant vaine. Le seul moment où elle semble le plus à son aise est dans son travail.

Sakurako trompe son mari avec un homme qu’elle n’a rencontré qu’une fois, le dit à son mari tout en précisant que ça ne change rien à leur mariage.

Son mari part au travail et s’effondre en chemin, son mariage parfait détruit devant lui.

Les hommes ont une place très étrange dans ce film, souvent filmés à contre jour, ils ont une diction très mécanique qui les rend presque inhumain. Toutes les femmes semblent vivre en décalé par rapport de leur compagnons, incapables de communiquer.

1462466.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxAsako I et II

Asako I et II est un seul film qui use des codes des films d’épouvante pour conter une romance.

Asako est une jeune femme qui a eu un coup de foudre pour Baku, jeune homme étrange et dans la lune. Il promet de toujours revenir vers elle mais disparaît.

Deux ans plus tard elle rencontre Ryohei qui ressemble à Baku comme deux gouttes d’eau. Ils finissent par se mettre ensemble et vivent en couple 5 ans avant qu’Asako n’apprenne que Baku est devenu mannequin.

Un jour, elle voit sa voiture partir et lui dit adieu, ce geste est alors comme une manière pour elle de tourner la page.

Quelques jours plus tard, Baku réapparaît et elle le suit. La musique nous emmène dans une ambiance presque horrifique alors que Baku, tout habillé de blanc agit sans émotion et semble plus être un fantôme qu’une personne.

Asako finit par revenir vers Ryohei. il la rejette au départ puis la laisse revenir avec lui mais la prévient qu’il ne lui fera plus jamais confiance.

La première rencontre d’Asako et Baku est totalement invraisemblable, coup de foudre au premier regard, ils s’embrassent directement. Lorsqu’Asako retrouve ses anciens amis qui ont connus Baku, tout semble très différent de ce qui nous avait été présenté auparavant. Le fait qu’une scène nous avait montré

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Baku et Asako avoir un accident de moto au début de leur relation tend à nous faire comprendre que le Baku qu’elle retrouve 7 ans plus tard est plus un fantôme qu’une personne réelle.

A de nombreux moments le réalisateur semble nous guider vers la symbolique de son film tout en le gardant ancré dans une réalité. Baku peut être le symbole d’un amour de jeunesse idéalisé, ou du deuil impossible d’Asako.

Les deux sagas du réalisateur s’appuient sur un jeu d’acteur exceptionnel et une fine maîtrise de la mise en scène qui nous intègrent aux événements et nous font réagir viscéralement à l’agacement, l’incompréhension et la peur des personnages. On sort du film plein de questions, souvent attristé d’une conclusion bien amère de la vie de ces personnages. Pour le film Asako, nous nous reconnaissons dans le personnage de son amie qui assiste désemparée aux désastreuses décisions d’Asako.

Ce sont des films pleins d’humanité dans le réalisme et la subtilité du jeu des acteurs et des choix de mise en scène.

 © allocine.fr
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